Planter, c’est déjà agir : la stratégie végétale de la ville
Impossible de parler ICU sans mentionner la végétalisation. Franchement, on n’a pas attendu que le sujet devienne tendance : Strasbourg a une longue tradition de parcs, de jardins, de vergers partagés. Pourtant, face à la hausse continue des températures, la ville accélère.
Des arbres plus nombreux, et pas juste le long du tram
- 20 000 arbres urbains plantés entre 2010 et 2022 (source : Ville de Strasbourg)
- Objectif : 6 000 arbres de plus d’ici 2026, notamment dans les quartiers “chauds” (Meinau, Neudorf, Cronenbourg)
- Nouvelle règle dans les appels d’offres de voirie : 10 arbres doivent être replantés pour chaque arbre abattu sur l’espace public.
Un petit tour rue du Grand Couronné, et c’est devenu presque un jeu : compter les jeunes tilleuls et platanes, parfois coincés entre deux places de stationnement, parfois carrément sur des bouts de chaussée repris aux voitures.
Pourquoi tant d’arbres ? Ce n’est pas seulement pour la beauté du geste. L’effet brise-soleil, l’ombre sur les façades, l’évapotranspiration (ce phénomène dont raffolent les profs de SVT : l’arbre transpire, rafraîchit l’air et la différence se sent tout de suite)… Ça fonctionne. Par exemple, un arbre mature baisse la température locale de 2°C à 8°C sous sa couronne (source : Ademe).
La percée des micro-forêts urbaines
Depuis 2021, Strasbourg version startup de la nature a testé un truc inspiré du Japon : les mini-forêts Miyawaki. Le principe ? On plante très serré, trois essences indigènes minimum, sur un petit bout de terrain (même 100 m2 font l’affaire).
J’ai vu celle du Parc Schulmeister juste après la mise en terre : une centaine d’enfants, des bénévoles du coin, tout le monde la pelle à la main. Un an après, ça commence déjà à ressembler à une vraie forêt miniature, papillons compris.
Et bonne surprise (source : France Bleu Alsace) : après deux étés, la température du sol dans ces micro-forêts est 3 à 4°C inférieure à celle d’un trottoir classique en plein cagnard.
D’autres mini-forêts devraient voir le jour autour des écoles, sur d’anciens parkings. Pour ceux que ça intrigue, l’asso Des arbres pour le climat accompagne ces projets et cherche tout le temps des coups de pouce.