Ces startups qui veulent dépoussiérer la compensation carbone… et qui le prouvent ici, en Alsace
1. MyCO2 (par Carbiosphère) : la pédagogie de la mesure, avant l’action
Depuis quand ? 2018, dans la région Grand Est
C’est quoi ? Une startup strasbourgeoise qui propose, avant toute chose, d’apprendre à calculer son propre impact carbone de façon ultra-fine. Le principe : pas de compensation gadget tant que les efforts de sobriété n’ont pas été faits. Le dispositif MyCO2 commence souvent par des « ateliers empreinte carbone » animés, hyper interactifs, que ce soit dans des entreprises locales ou des collèges de l’Eurométropole.
La force ? Ils travaillent avec des acteurs locaux (associations, agriculteurs du Bas-Rhin), pour proposer ensuite aux particuliers de compenser via des projets géolocalisés, sélectionnés avec soin. Ici, on plante des haies ou on restaure de vrais vergers, on ne finance pas une forêt à l’autre bout du monde dont on perd la trace.
Quelques chiffres : En 2023, MyCO2 a permis près de 1200 tonnes de CO₂ compensées sur le territoire Alsace-Lorraine. Et chaque projet est suivi, cartes et photos à l’appui – suffisamment rare pour être signalé (source : rapport d’activité Carbiosphère 2023).
À tester : Si ça vous tente, ils organisent souvent des ateliers ouverts à tous en mairie de quartier ou dans des associations, notamment du côté de Cronenbourg ou de Koenigshoffen.
2. Climate City : capter le carbone, par les toits de Strasbourg
Quand on pense « innovation carbone », beaucoup imaginent des machines high-tech cachées dans la Silicon Valley. Et pourtant, la start-up Climate City (basée à Strasbourg et Paris) veut prouver qu’il y a mille façons de capter le carbone… directement depuis nos toits, nos cours d’école ou nos zones d’activités.
Ils font quoi exactement ?
- Installation de capteurs et micro-stations pour mesurer précisément la concentration de CO₂, quartier par quartier (>15 stations dans Strasbourg en 2023).
- Projets de végétalisation ciblée (murs, toits, parking) selon les zones les plus « à risque » sur leur cartographie. Priorité aux îlots de chaleur du centre-ville.
- Partenarats avec des écoles pour créer des « corridors verts », avec implication des élèves (côté Robertsau et Hautepierre, notamment).
Pourquoi c’est important ? Ces mesures donnent des chiffres concrets, quartier par quartier. En 2022, la zone du Port du Rhin a vu son taux de CO₂ baisser de 5% suite à ces aménagements verts (source : rapport Climate City, 2023).
Le bonus : Ils organisent des visites de toits végétalisés plusieurs fois par an, souvent lors des Journées du Patrimoine. Parfait pour découvrir ce qui pousse à deux pas de la gare.
3. Stock CO2 : le bois local, stockeur de carbone… et d’emplois
Tout le monde a entendu parler de « carbone forestier », en mode : « plante un arbre, sauve la planète ». Mais ce que Stock CO2 pousse un cran plus loin, c’est que chaque table, plancher ou cabanon monté à partir de bois d’Alsace, c’est du carbone immobilisé pendant des décennies.
Zoom projet : À Duppigheim, Stock CO2 travaille avec la scierie Hackspiel et l’association Forêts & Bois d’Alsace pour valoriser chaque parcelle replantée ou entretenue durablement. Ici, le but n’est pas juste de planter, mais aussi de garantir l’utilisation du bois local dans la construction (filière courte, petits forestiers du Grand Est).
- Ils proposent aux particuliers et aux entreprises de soutenir la plantation ou la gestion d’arbres (label bas-carbone certifié par le ministère de la Transition écologique).
- Suivi cartographique en temps réel : chaque donateur ou partenaire reçoit des mises à jour sur « sa » parcelle ou son arbre.
Des résultats parlants : En 2023, ce sont 3700 tonnes équivalent CO₂ stockées dans la filière bois local rien qu’en Alsace (source : Stock CO2). À la clé, de la séquestration longue durée ET de l’emploi sur place.
Et vous ? Il existe même des offres pour particuliers : pour moins de 40 €, vous financez l’entretien d’une haie champêtre locale sur un an (avec visite possible, façon “adoption de haie”).
4. Pur Projet : l’humain au cœur de la compensation carbone paysanne
Pour ceux qui croisent souvent le logo de Pur Projet (vu chez Bonneterre, Léa Nature…), sachez que cette entreprise fondée en France agit aussi à l’échelle des territoires comme l’Alsace. Leur particularité : le lien direct avec des agriculteurs partenaires, souvent installés à moins de 50 km de Strasbourg (notamment vers Obernai, Truchtersheim, Molsheim).
- Plantation de haies, agroforesterie, replantation de vergers anciens (en circuit court).
- Soutien technique, achats groupés d’arbustes, création de mares et bosquets qui stockent du carbone mais aussi favorisent la biodiversité locale (hérissons, oiseaux, etc.).
Côté chiffres : En 2022-2023, Pur Projet annonce plus de 320 530 arbres plantés sur des exploitations agricoles d’Alsace et de Lorraine, avec suivi par satellite à la clé (données Pur Projet, consultables sur leur site).
Là où ça change la donne : C’est une des rares solutions à la fois labellisées (Label Bas Carbone) et où les agriculteurs locaux gardent la main sur les choix de plantations.
Pour tester : Il arrive que Pur Projet propose des journées « plantation citoyenne» ouvertes aux bénévoles en hiver (à suivre sur leur page Facebook ou via la Maison de la Nature Bruche Piémont).