Jeanne Barseghian, la tête de liste écologiste, est arrivée en tête du premier tour des élections municipales à Strasbourg (avec 13 532 voix, soit 27,88 %).

Dans cette interview donnée aux Dernières Nouvelles d’Alsace le 19 juin, elle revient sur les raisons pour lesquelles la liste écologiste n’a pas trouvé d’accord de fusion avec celle du PS, sur les réponses à apporter à la crise et les leviers de la transition écologique, la pollution de l’air et les solutions en matière de mobilités, ainsi que les grands projets de la Ville et de l’Eurométropole.

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Au sujet de la situation politique du second tour de l’élection

« Je suis arrivée largement en tête du premier tour, avec près de 28% des voix. Il était de ma responsabilité de continuer à rassembler autour de mon projet écologique, social et démocratique pour Strasbourg. J’avais été très claire : il n’y aurait pas de négociation avec Alain Fontanel ou Jean-Philippe Vetter. Je regrette que l’accord n’ait pas pu avoir lieu avec la liste de Catherine Trautmann, mais nous avions des divergences sur le fond, notamment sur l’intégration de l’enjeu climatique à sa juste valeur. Je regrette aussi les mensonges divulgués par Catherine Trautmann et son équipe depuis plusieurs semaines maintenant. »

« Je possède une vision différente de la gouvernance métropolitaine : il faut sortir de l’hégémonie strasbourgeoise, du temps où Strasbourg décidait pour les 32 autres communes, du temps où les partis politiques se répartissaient les postes et où la présidence de l’Eurométropole était décidée à une table de négociation strasbourgeoise. Je souhaite par ailleurs que l’exécutif métropolitain puisse être paritaire, ce qui serait une réelle avancée démocratique. »

« Les calculs arithmétiques qui disent que l’élection est jouée d’avance ne sont pas respectueux des électeurs. L’élection aura lieu le 28 juin, c’est ce jour-là que les Strasbourgeois.es décideront et les gens ne veulent pas de ceux qui ont fait une alliance opportuniste pour garder leurs postes à tout prix. »

« De mon côté, je sens une très forte dynamique autour des questions de l’écologie, autour de la question de la santé. La crise sanitaire a mis les questions de santé et environnementales au premier plan. D’ailleurs, je vois affluer des soutiens massifs, de partout, depuis que nous avons déposé notre liste. La véritable question est la suivante : veut-on écrire une nouvelle page de l’histoire de Strasbourg, avec un projet de transformation, qui répond aux enjeux écologiques, de santé, du quotidien, qui lutte contre les inégalités et remet la participation citoyenne au cœur ? Ou bien veut-on revenir au « monde d’avant » avec une alliance de dernière minute entre le premier adjoint et son opposant historique ? »

Sur l’économie et le grand emprunt

« Opposer écologie et économie en 2020, c’est complètement dépassé ! Nous avons la volonté de travailler avec l’ensemble des acteurs économiques pour soutenir l’économie locale et la création d’emplois, mais aussi pour accompagner la transition écologique dans le dialogue. Le grand emprunt de 350 millions d’euros sur six ans permettra d’investir pour la transition écologique tout en relançant l’économie locale. La Ville et l’Eurométropole sont dans une situation financière saine, qui permet de réaliser des investissements d’avenir sans augmentation d’impôts pour les contribuables. »

Parmi mes propositions sur la pollution de l’air et les mobilités :

  • Instaurer la gratuité des transports collectifs le samedi pendant l’été
  • Accompagner le changement, par la gratuité des transports en commun pour les moins de 18 ans et les moins de 25 ans sans ressource, par l’aide à la location ou à l’acquisition d’un vélo ou vélo à assistance électrique, par la transformation des moteurs.
  • Mieux partager l’espace public, notamment du point de vue de la sécurité des piétons et cyclistes, comme sur l’Avenue des Vosges

« Il est urgent d’agir sur la pollution de l’air, qui tue une personne par jour dans l’Eurométropole. Ne rien faire serait criminel ! »

Concernant les grands enjeux de la ville

« Il faut revoir le format du marché de Noël, pour que les commerçant.es et artisans s’y retrouvent et que les Strasbourgeois.es aient plaisir à y venir, en revoyant le dispositif de sécurité et les espaces de convivialité. »

« La rénovation du stade de la Meinau sera réalisée, avec des exigences écologiques et sociales, pour que ce stade devienne un exemple ! »