Par Sophie Dupressoir et Pierre Ozenne

Le vélo et la marche à pieds sont les atouts sanitaire et écologique du déconfinement. C’est le message adressé aux collectivités par le plan vélo gouvernemental du 30 avril dernier. Des grandes villes accompagnent ainsi la reprise progressive des activités en créant des pistes cyclables et des aménagements piétons temporaires. Nous regrettons que l’engagement de Strasbourg tarde à se concrétiser.

Il est urgent de faciliter la pratique du vélo et de la marche à pieds, pour faire face à la crise sanitaire comme à plus long terme.

Sauf à vouloir dégrader de nouveau la qualité de l’air et la santé des Strasbourgeois·es en favorisant un retour en masse de la voiture, le vélo et la marche sont les seules alternatives souhaitables aux transports en commun de la CTS qui doivent être soulagés. La marche est idéale pour les trajets courts ; le vélo, y compris le vélo cargo, pour les trajets à l’échelle de la métropole. La priorité est d’encourager de nouveaux pratiquant·es du vélo par la mise à disposition d’itinéraires sûrs, continus et lisibles.

 

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Agir aujourd’hui permettra aussi d’adapter la ville aux déplacements de demain et à la progression continue des modes actifs dans l’Eurométropole, dont la part modale est passée en dix ans de 41% à 47,5% tandis que celle de la voiture baissait de 6% (source Enquête mobilité 2019 de l’Adeus -1). Notre projet est de constituer à terme un réseau piéton et cyclable global, complet, et de qualité en réalisant chaque année 15 km de pistes cyclables du réseau REVE.

Notre responsabilité collective, et celle du maire de Strasbourg et du président de l’EMS avant tout, dans cette période d’urgence sanitaire, est de permettre à la population de reprendre leurs déplacements sans nuire à leur santé ni à l’environnement.

C’est dans ce sens que nous proposons les mesures immédiates suivantes :
  • La réalisation d’aménagements cyclables de transition sur des axes stratégiques et dangereux, sur la base des propositions faites par le collectif d’associations -2, en privilégiant les pistes en site propre aux voies partagées avec les bus sur les axes à 2×2 voies et en mettant l’accent sur les quartiers périphériques ;
  • L’élargissement des trottoirs pour assurer la distance physique et la piétonnisation des rues aux abords des écoles (« rue-école »), des commerces et des magasins de cycle ;
  • La gratuité du Vél’hop tant que le stationnement en voirie restera gratuit ;
  • Des travaux de voirie dans la zone de rencontre de la Grande Île pour réduire le trafic automobile et faciliter la cohabitation entre les automobiles, les vélos et les cyclistes ;
  • L’abaissement de la vitesse maximale autorisée, à 30 km/h en ville et 70 km/h sur autoroute.

Ces aménagements, qui devront être évalués, ont vocation à être pérennisés lorsqu’ils auront confirmé leur efficacité.

 

-1 Enquête mobilité ADEUS 2019 : à télécharger (PDF)
-2 Lettre ouverte du collectif d’associations (PDF) : à télécharger (PDF)