Depuis la semaine du 23 mars, tous les marchés de Strasbourg ont été fermés. Malgré les demandes récurrentes de la municipalité et des habitant·es, malgré les aménagements proposés pour s’adapter à la situation sanitaire, la préfète du Bas-Rhin n’a pas souhaité les rouvrir.

Cette décision met en danger les petits producteurs et empêche les habitant·es d’avoir accès à une alimentation de qualité et de proximité.

Une exploitation agricole n’est pas une usine ! La production est planifiée à l’avance, les récoltes et semis ne peuvent attendre la fin du confinement. Les producteurs ayant vu leurs débouchés réduits par la fermeture des marchés ne peuvent écouler leur production, ce qui aggrave une situation financière parfois très précaire et diminue leur capacité d’investissement dans leur exploitation. Par ailleurs, la production agricole étant par définition périssable, l’absence de débouchés va irrémédiablement conduire à un gaspillage de ces ressources.

Les marchés sont indispensables aux habitant·es

Dans certains quartiers, à l’Elsau, Cronenbourg ou encore à la Cité de l’Ill, les marchés sont les seuls lieux permettant de trouver les produits du quotidien à coût modéré et à proximité. Alors que nos déplacements sont restreints par le confinement, il n’est pas tolérable que les habitant·es de certains quartiers doivent se déplacer vers d’autres quartiers pour aller faire leurs courses. Le maintien des marchés de proximité permettrait non seulement de garantir leur approvisionnement mais aussi de limiter les déplacements.

Cette interdiction hypothèque notre avenir

Nous avons besoin de relocaliser notre production alimentaire et des promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’humain et de l’environnement. La réouverture des marchés, dès lors que les mesures sanitaires sont garanties, est une mesure bénéfique pour tou·tes et qui nous permet de préparer l’avenir. Nous soutenons donc les efforts de la municipalité pour obtenir de la Préfecture la réouverture des marchés, et en priorité dans les quartiers populaires.

Le temps presse, et nous ne pouvons pas attendre la fin du confinement pour agir : les producteurs doivent pouvoir vivre de leur travail et les habitant·es avoir accès à une alimentation saine et de proximité !