Trois grandes filières sous la loupe (et comment elles s’installent chez nous)
1. Solaire : des toits qui changent d’allure… et d’usage
Samedi matin. Je grimpe sur le toit du gymnase de la Meinau avec un technicien de Énergie Partagée Alsace. Autour de nous, 800 m² de panneaux solaires trônent à côté des oiseaux qui nichent… La scène résume ce qui démarre un peu partout : écoles, ateliers municipaux, immeubles de bailleurs sociaux, maisons individuelles, rien n’échappe à la vague du “photovoltaïque à la strasbourgeoise”.
Quelques chiffres et infos clefs :
- Plus de 480 installations solaires recensées sur “Open Data Strasbourg”, soit plus de 20 mégawatts puissances cumulées.
- La très grande majorité sont des “petites toitures”, mais quelques “centrales citoyennes” changent la donne, comme celle du parc du Heyritz ou de la médiathèque Malraux.
- À Schiltigheim, une école produit 60% de son électricité annuelle grâce à 150 panneaux installés avec le collectif L’Alsace ÉnergY Citoyenne (lien inverser).
L’idée derrière ? Mettre à profit tous les toits inutilisés. Des plateformes d’accompagnement existent (comme Énergie positive Strasbourg) pour aider un syndic ou une petite copro à s’y mettre. Franchement ? C’est plus simple qu’on croit, d’autant qu’il existe des subventions, des conseils gratuits — et même des collectifs citoyens qui proposent de porter l’investissement à plusieurs (exemple : Énergie Partagée).
2. Éolien : le vent souffle aussi… mais discrètement
À Strasbourg même, pas d’énormes mats dans l’horizon. Mais… en s’éloignant de quelques kilomètres, la couronne périurbaine alsacienne commence à voir pousser de vrais projets d’éoliennes. Dambach-la-Ville, Bas-Rhin Nord ou Benfeld en sont les têtes de file, et une partie de cette énergie vient alimenter l’agglomération.
- 6 parcs éoliens (principalement dans l’Outre-Forêt et les Vosges du Nord), avec près de 60 éoliennes recensées en 2024 (source : ADEME).
- Le potentiel “intra Strabourg” est limité par l’espace, la biodiversité urbaine… mais des études récentes, portées par l’Eurométropole, envisagent des “mini-éoliennes” urbaines sur certains toits industriels ou écoles (phase test, à suivre en 2024-2025).
- Un collectif citoyen, Éoliennes Citoyennes Alsace Centrale, démarre une campagne pour des parcs où les habitants sont copropriétaires à 40% au minimum.
3. Hydroélectricité et géothermie : des pistes à l’alsacienne
On ne va pas se mentir, le Rhin, le canal du Rhône au Rhin, la Bruche, la Zorn… Ici, l’eau est partout. Et l’hydroélectricité fait partie du paysage : certes, le barrage d’Iffezheim (côté allemand) n’est pas tout à fait “chez nous”, mais il alimente une grande part de l’Eurométropole (source : EDF – données 2023). Côté petites centrales, la papeterie Lana à Strasbourg-Koenigshoffen fait figure d’historique, avec bientôt une réhabilitation prévue.
Idée moins connue : la géothermie. Strasbourg expérimente la chaleur retrouvée à 2 500m de profondeur sous Vendenheim. La centrale géothermique, fermée en 2021 après des microséismes, repositionne la filière sur des projets de “géothermie de surface”, plus douce, pour chauffer durablement certains quartiers neufs (ex. programme Danube, Ecoquartier Deux-Rives). Dossier à suivre de près.